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La Boutique

Dernière mise à jour : 5 janv. 2023



L’endroit se trouvait dans un quartier chic de Paris. Une petite boutique sur trois niveaux tenue par madame S, depuis près de quinze ans. S, jolie cinquantenaire blonde, jupe stricte, toujours en talons, dirigeait une équipe de jeunes vendeurs dans cet endroit coquet où l’on vendait de belles lingeries. Personne n’aurait rien eu à reprocher à cette charmante patronne, mais le contraire n’était pas évident. Depuis deux mois les affaires étaient en baisse. Certes, l’inflation, la conjoncture économique du pays pouvaient expliquer cela, mais l’attitude de certains vendeurs n’avait pas échappé à ses yeux attentifs. Pauses plus longues, arrivées en retard… Elle avait même surpris certains de ses employés à mater éhontément des clientes. Inadmissible. Tant pour son nom que pour ses affaires, madame S n’entendait pas voir son enseigne entachée d’une mauvaise réputation… Elle décida alors de passer aux choses sérieuses.. Et de reprendre tout ce petit monde en main.

Profitant de jours fériés, elle fit faire quelques menus travaux au sous sol de la boutique. Un œil de Judas fut installé entre son bureau et la réserve des stocks, afin d’observer les moindres faits et gestes de ses employés, sans être vue… Elle dégagea le centre de la pièce, y installant un assise d’un genre un peu particulier… Avec sangles de contention. Un cheval d’arçon. Puis elle passa quelques coups de fil.


Le jour du retour des employés, elle les convoqua tous à une réunion avant de prendre leur poste. Fait assez inhabituel pour les intriguer.


- Messieurs. Vous n’êtes pas sans savoir que le chiffre d’affaire de la boutique est en baisse. J’ai donc décidé d’y remédier à ma façon.

Elles les observa un à un. Aucun d’eux ne savait soutenir son regard. Cette femme avait quelque chose de très autoritaire dans les yeux, et cet aura séduisant pouvait mettre mal à l’aise le plus sûr des bellâtres d’un seul croisement de jambes. Remontant ses lunettes sur son nez;


- Désormais, vous n’aurez plus le droit de prendre votre pause à l’extérieur. Les pauses se feront exclusivement dans la salle de stock.


Elle leur fit signe de la suivre, se dirigeant vers le lieu en question. Les vendeurs échangèrent des regards intrigués, avant de lui emboiter le pas. Quelle ne fut pas leur stupeur en découvrant ce que la pièce abritait désormais, parmi les cartons de lingerie… Un murmure interloqué traversa le couloir.

- Entrez, allons ! Ne soyez pas timides. Je vous ai vu mater les clientes, vous n’allez pas me faire croire que vous avez peur de profiter de cette vue là.


Sur le cheval d’arçon, bien installé à quatre pattes et bien harnaché, un homme simplement vêtu de bas et d’un soutien gorge à fausse poitrine. Les yeux bandés, il semblait complètement offert. La bouche maintenue ouverte par une pince spéciale, le cul serré mais lubrifié, invitant à la visite…


- Vous voulez des salopes. Je vais vous en donner. Chaque semaine, une différente. Consentante, bien entendu, sous contrat.


Plus personne n’osait bouger. Elle contourna l’homme aux bas, laissant glisser son index à l’ongle rouge vernis sur l’arrondi d’une fesse.


- Vous avez le droit de la visiter autant de fois que vous le voudrez. Autant de fois.


Elle claqua sur sa fesse avec rigueur.

- Elle aime beaucoup ça.

Et un sourire, rare sourire, effaça son air austère. Madame S connaissait les ficelles du métier. Un employé productif était un employé épanoui, reposé, et … Vidé.


- Je compte sur vous pour votre discrétion et votre efficacité, messieurs. Nous ferons le bilan comptable dans 4 semaines. J’espère que vous mesurez bien votre chance. Je compte également sur votre rigueur.


Et de les quitter dans un bruit de talons aiguilles en claquant dans ses mains un :


- Au boulot ! Chacun à son poste.


Dans un toussotement contrit, chacun fila à ses taches l’esprit complètement obnubilé par cette vision et perspective, et seul l’un des jeunes hommes resta là.

Il était de stock ce matin...


( Ce début d'histoire est disponible en audio ici )





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