Aux pieds de sable
- Madame de B

- 15 févr.
- 5 min de lecture
Le sable brûlant enrobe les mollets et les fesses des vacancières venues se détendre entre copines au sur cette plage du cap d’Agde. Soleil bientôt au Zénith, les peaux rougissent, les regards à l’ombre des visières s’échangent discrètement, à l’instar des couples de tous âges rapidement pris d’assaut par des hordes de voyeurs indélicats. Agglutinés au spectacle comme des mouches à miel . C’est d’un air détaché qu’il regarde ces hommes errer, hanter la plage à l’affût d’un signe de rapprochement, d’un léger mouvement de foule indiquant qu’ici, ou là, quelque chose de croustillant se déroule. Ils sont comme des fantômes. Et personne ne semble vraiment faire attention à eux. Leur plaisir solitaire n’intéresse personne, le plaisir des autres les nourrit.
Est-il comme eux ? Il ferme les yeux, se persuadant que non. Lui, il est plutôt du genre statique. Les prunelles balaient la plage et se fixent parfois sur le galbe d’une cuisse, l’arrondi d’un mollet , le délicat bijou qui orne une cheville… Mais il ne bouge pas. Il n’oserait pas. Paradoxalement dans cette baie où chacun vaque nu les sollicitations indésirables n’existent pas, ou peu. Seuls les yeux invitent. Acquiescent . Ou se détournent. Observer les pieds des femmes a toujours été un plaisir simple dont il ne se souvient même pas de l’origine. Une passion secrète et presque assouvie avec discrétion . Ses compagnes n’en ont jamais rien su, ayant peur de leur jugement. De leur refus. De déranger. Quarantaine approchant, il n’a jamais su et pu s’approcher de son plaisir, sauf dans son imagination, dans l’abandon de son lit le soir après une longue journée de boulot.
Le cap est une terre de libertés promises qu’il s’est juré de découvrir voilà deux ans. C’est chose faite. Il est là. Il est bien. Partageant ses journées entre plage, cocktail en terrasse et soirées débridées en boite de nuit. Il s’est fait aborder par des couples plus âgés. Parfois s’y est laissé prendre. Ainsi va l’été au Village.
- Pouvez-vous attacher votre chien ?
Il se retourne sur sa serviette, un peu surpris, face à une femme brune qui le fixe gravement. Puis ses yeux viennent s’échouer sur ses pieds. Bronzés, veloutés, vernis d’un rouge très particulier. Moment de flottement . Elle saisit le regard et insiste.
- Il s’ébroue sur ma serviette, c’est très désagréable.
Il revient à elle, détaillant son visage. Secoue la tête brièvement.
- Je n’ai pas de chien. Navré.
Elle fronce les sourcils et regarde autour d’eux à la recherche du coupable.
- Mais je peux vous aider à le retrouver éventuellement.
Ils sont nus, dans une scène qui leur paraît plus que banale, elle le coupe sèchement et fait demi tour, agacée.
- Non merci.
Il ne peut s’empêcher de détailler le dos qu’elle lui offre, l’arrondi de ses fesses, et ce pas décidé dans le sable. C’est dommage, il l’aurait bien aidée… Elle lui jette un regard furtif en secouant sa serviette et s’allonge de côté en lui tournant le dos. Une érection foudroyante le saisit à la simple vue de ces pieds croisés sur le bord du sable et il se tourne sur le ventre pour tenter de calmer la crise, ne voulant pas attirer l’attention.
Le soir venu, il est attablé au comptoir d’un club libertin et détaille les allées et venues d’un petit groupe d’amies, à la recherche d’un regard saisi qui pourrait l’aider à engager la conversation. Il les choisis selon la beauté et la mise en valeur de leurs pieds. Gainés, vernis, parés, nus mais sur le piédestal d’une paire de talons à bouts ouverts… Tout le laisse rêveur. Il regarde d’abord les petons des demoiselles qui entrent dans le club, toujours, puis leur visage plus tard. Jusqu’à ce qu’un pied doucement coloré d’été et vernis d’un rouge cardinal ne se pose sur le marchepied de son tabouret de bar. Un pied qu’il a déjà vu plus tôt et qui lui a laissé la griffure d’une bandaison difficile à dompter. Surprise.
- J’ai trouvé à qui appartenait le chien.
Elle n’a pas l’air d’être intimidée de l’accoster ainsi, ici, comme elle ne l’était pas au matin sur la plage. Une sorte d’autorité calme émane d’elle, ce qui la rend presque irréelle. Les paires de pieds n’existent plus, son attention désormais toute focalisée sur elle, dans une superbe robe en maille. Le sien appuie doucement et bat la mesure sur le tabouret dans l’écrin de ses escarpins à bouts ouverts, comme les pulsations d’un coeur qui bat tranquillement. Elle avait compris. Il avait suffit de l’observer quelques minutes. Cet homme n’était ni plus ni moins qu’un grand fétichiste des pieds. Elle l’avait vu reluquer en ras de plan toutes les passantes sur la plage. Cette histoire de chien n’était ni plus ni moins que sa propre manœuvre pour l’aborder, elle n’était pas du genre à attendre la liaison de regards échangés, non. Elle était plus aguerrie. Moins dispersée. Et par dessus tout, bien déterminée à se faire choyer.
Elle le regarde dans un sourire léger et s’assoit sur le tabouret à ses côtés, coinçant son petit sac à main sous une fesse. Il est gentleman et lui commande un verre, ce qui lui fait dire qu’elle peut aller au bout de son envie du soir. Elle le détaille discrètement, et finit après une conversation de courtoisie par faire tomber « malencontreusement » son sac au sol. En serviteur probablement désireux d’être récompensé il descend le ramasser. Elle pose le talon sur la main qui s’apprête à remonter. Il relève le nez vers elle. Sourire pervers.
- ça me gratte, là juste au niveau de la bride.
Mouvement de menton sans équivoque, elle lui intime de la soulager. Il sent son coeur accélérer la cadence en passant ses doigts sous la bride de la chaussure. Et c’est le retour de la trique. Elle pose alors son pied libre sur l’enflement du pantalon dans un petit commentaire faussement étonné et narquois. Il geint sourdement, sent sa peau hâlée aussi douce que du satin sous ses doigts, savoure la perspective délicieuse de ses mollets.
- Sur la plante maintenant.
Il est foutu. Elle s’en délecte. Et son "maintenant" sonne-t-il comme un ordre? Les mains masculines déchaussent le pied tout chaud et le portent instinctivement aux lèvres. L’excitation est à son comble et elle presse la queue engoncée dans la toile du pantalon sans vergogne. Lorsqu’il passe sa langue sur la voûte plantaire elle frémit et soupire, extatique. Se cramponne au comptoir. Oui, il y a des femmes aussi sensibles des pieds. Leur cambrure est parfaite. Leur douceur le rend ivre et passionné. Elle guide ses orteils rouges délicatement laqués vers ses lèvres et les fait disparaître dans sa bouche, ferme et sensible à la fois. D’en haut, elle le regarde comme une reine surplombe son peuple. Implacable.
- Fais voir jusqu’où tu vas…
Elle lui inflige un footgagging jusqu’à mi pied dans une exclamation d’encouragement et déglutit de cette sensation chaude et puissante qui l’envahit, faisant frissonner ses reins. Il est dévoué. Ça l’excite tellement. Elle lui demande de libérer sa queue et s’autorise à l’effleurer avec ses deux pieds magnifiques. Elle a bien sûr une idée en tête : le faire jouir sur ses orteils. Les arroser comme on arrose une jolie fleur. C’est bien ça le secret de la douceur de ses pieds ! Habilement, elle emprisonne la bite gonflée et dure entre ses doigts de pieds et entame un va et viens chaloupé. Ses cuisses sont assez musclées pour pouvoir tenir un footjob et le rendre dingue pendant au moins une heure entière. Bien sûr il ne tiendra jamais jusque là, la queue perlant déjà de sperme et rendant sa tâche plus glissante, plus facile...Les yeux rivés sur ce spectacle hypnotique et toujours à genoux, il se laisse faire sans pouvoir bouger d’un pouce le souffle retenu… Jusqu’à la jouissance publique la plus intense de sa vie, giclant sur les petons affairés, éclaboussant quelque peu les escarpins échoués. Elle s’esclaffe dans grand sourire, comme on admire un feu d’artifice. Satisfaite. Lui, haletant, vaincu.
Elle avait trouvé à qui appartenait le chien. C’était désormais le sien.
Fin



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